vendredi 2 juillet 2021

Esquisses... Celle d'ailleurs

 Ami-e, 

Les orages ont repeint le causse en vert, l’ont paré de fleurs et de papillons, ont réveillé des sources inconnues…

 Un samedi, je l’ai rencontrée… celle d’ailleurs.

 Elle est appliquée à chaque ouvrage avec une délicatesse inquiète. La vie lui a minci le corps, a tendu la chair sur des os d’oiselle et éclairé ses cheveux coupés au carré.

 Je la regarde, penchée sur le papier, qui écrit.

 Le soleil a touché son visage et ses mains d’ocre et de sienne, un peu au hasard…

 Je ne sais de son regard que la lumière.

 Sa solitude lui appartient, on le devine à la précision de ses gestes, à ce souci du jour, cette sollicitude inquiète pour le petit, le fin, l’habituel…

 Elle aime Cohen et Dylan.

 Elle aime Dieu.

 Peut-être faudrait-il baiser ses mains fragiles, la consoler de quelque peine inconnue, lui dire qu’elle est belle, lui dire qu’elle est aimée, je ne sais pas. Lui dire que nous ne méritons rien, jamais, mais que vivre suffit à nous rendre précieux, qu’il ne faut rien de plus.

 Ami-e, si tu la rencontres, tu la reconnaîtras : elle a un sourire d’enfant, de l’or posé sur sa peau et la grâce fragile d’une colombe…

 Que tes rêves soient doux !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire